Guyane française 2015-2017

Le projet sur la Guyane française est né d’un désir de revenir sur un lieu où j’ai vécu enfant durant un an : moment qui a toujours fait l’objet de remémorations et de récits familiaux ; Les prénoms des habitants de Saül résonnaient comme les noms de personnages mythiques, la forêt sonnait comme le terreau d’une diversité prodigieuse. Les récits contaient une vie sauvage à la marge de l’Europe qui se débarrassaient des normes et des convenances.
Habitée par cet imaginaire, je suis retournée sur les lieux.

Jungle. Extérieur. Jour est une didascalie d’un scénario non réalisé d’Antonioni. Le recours à la didascalie est l’occasion de réfléchir aux notions de décor et de théâtralité propre à un territoire colonisé et mythifié. L’idée du scénario offre de penser une amorce de récit fait de points et de contre points, de photographies prises sur le terrain et d’archives familiales, afin de rendre à cet espace, à la fois délimité et poreux, sa complexité géographique et sociale .

A la manière des lianes ceinturant les grands troncs, puis grimpant jusqu’à la canopée pour former les houppiers, les archives sont venues naturellement s’entremêler au corpus d’images et l’étoffer. Véritable matériau narratif, les archives, au regard des images actuelles, ont permis d’établir un dialogue entre deux temporalités et tenter de pointer des phénomènes de résistance : entre brutalité et artificialité, entre image et imagerie, entre utopie et réalité, entre ville et jungle.

 Musée des cultures guyanaises Reproduction archives 1992